Sommes-nous en train de devenir fous ?

Sommes-nous en train de devenir fous ?

August 5th, 2026

On vit à un rythme qu'aucune génération n'a connu avant nous, toujours joignables, toujours informés, rarement au repos. Pas étonnant que tant de gens se sentent anxieux ou à bout de souffle, sans toujours savoir pourquoi. Le mot burnout, qu'on utilisait presque timidement il y a vingt ans, est devenu une réalité banale : trop de travail, trop peu de frontières entre le bureau et la maison, et l'impression permanente de ne jamais en faire assez.

Ce qui frappe aussi, c'est ce paradoxe qu'on connaît tous : plus connectés que jamais, et pourtant souvent seuls. On scrolle, on compare nos vies à des versions filtrées de celles des autres, et on en ressort parfois plus fatigués que nourris. Le sommeil trinque, la concentration aussi, comme si nos cerveaux n'arrivaient plus à faire silence. Et à tout cela s'ajoute une inquiétude plus récente, celle qu'on ressent en pensant à la planète qu'on va laisser derrière nous.

Rien de tout ça n'existe vraiment séparément. Le mal-être numérique nourrit le mal-être existentiel, qui nourrit à son tour l'épuisement, dans une sorte de cercle qui se referme sur lui-même. Peut-être que la première étape, avant même de chercher des solutions, c'est simplement de se dire que si on se sent dépassé en ce moment, on n'est probablement pas seul à ressentir ça.

Heureusement, on n'est pas condamnés à subir ce cercle sans rien faire. Reprendre la main sur son temps d'écran, même par petits gestes (couper les notifications, se fixer des plages sans téléphone), aide beaucoup plus qu'on ne l'imagine. Protéger son sommeil et ses temps de repos comme on protégerait un rendez-vous important change aussi la donne sur la durée. Mais surtout, cultiver de vrais liens, ceux qu'on entretient en vrai, en discutant, en s'écoutant, reste sans doute le meilleur antidote à la solitude ambiante. Et quand le poids devient trop lourd à porter seul, en parler à un proche ou consulter un professionnel n'est pas un aveu de faiblesse, mais souvent le geste le plus lucide qu'on puisse poser.