« Je me sens impuissante… » Quand on ne tire plus sur la corde
L’éléphanteau dressé en Inde : attaché à un piquée pendant longtemps, il
va intérioriser qu’il ne peut pas s’échapper son dresseur lui retire ses chaine
et l’éléphanteau ne cherche pas à s’échapper.
Quand vous êtes exposé de
manière répétée à une situation désagréable que vous ne pouvez ni éviter ni
contrôler vous finissez par cesser d’agir — même lorsqu’une porte est
entrouverte. Il ne s’agit pas d’un manque de capacité, mais d’un apprentissage
: l’expérience répétée de l’échec installe l’idée que toute action est vaine.
Ce mécanisme éclaire certains états dépressifs, marqués par la passivité, la
résignation et la perte d’espoir.
Certaines femmes ont
tendance à attribuer les échecs à des causes internes “c’est à cause de moi”,
globales “ça impacte toute ma vie” et stables “cela ne changera jamais”. Cette
manière d’expliquer les événements renforce et maintient le sentiment
d’impuissance.
Il s’agit ici d’une
interaction entre le milieu interne (émotion, pensée et corps) et le milieu
externe (les autres, le monde). Ce n’est donc pas une relation linéaire mais
circulaire ; l’environnement modifie l’état interne et l’état interne
modifie comment on perçoit l’environnement.
La thérapie brève systémique s’inscrit dans une perspective
complémentaire. Plutôt que d’explorer longuement les causes passées, elle
s’intéresse aux interactions actuelles et aux tentatives de régulation qui
maintiennent le problème. Face à l’impuissance apprise, elle vise à restaurer
un sentiment de contrôle par de petits changements stratégiques, en modifiant
les boucles relationnelles et les perceptions de la situation. Quand
l’impuissance s’installe, l’approche Palo Alto cherche concrètement à recréer de
l’efficacité et du mouvement dans le système et redonner au patient le pouvoir
d’agir.