Effet Dunning-Kruger : quand l’illusion de compétence alimente la souffrance au travail
L’effet Dunning-Kruger,
conceptualisé par David Dunning
et Justin Kruger, renvoie à
une distorsion métacognitive dans laquelle les individus les moins compétents
surestiment leurs capacités, faute de disposer des outils nécessaires à une
auto-évaluation fiable. À l’inverse, les sujets les plus compétents tendent à
sous-estimer leur niveau réel, ce qui crée une asymétrie de perception aux
effets organisationnels significatifs.
Dans les environnements professionnels, ce biais constitue un facteur de
risque psychosocial. Il favorise des dynamiques où l’assurance prévaut sur la
compétence, entraînant des prises de décision inadéquates, une invisibilisation
des expertises réelles et une altération du climat collectif. Cette dissonance
génère des tensions, un sentiment d’injustice et, à terme, une vulnérabilité
accrue à des troubles tels que le burn-out,
en particulier chez les collaborateurs contraints de compenser les défaillances
structurelles.
L’approche thérapeutique s’inscrit ici comme un levier de régulation
individuelle et organisationnelle. Des dispositifs issus de la thérapie cognitivo-comportementale
permettent de travailler la métacognition, d’ajuster les schémas de pensée et
de restaurer une perception plus réaliste de ses compétences. Par ailleurs,
l’accompagnement psychologique des équipes favorise la reconnaissance des
compétences, la régulation émotionnelle et la prévention des risques
psychosociaux, contribuant ainsi à un environnement de travail plus équilibré
et soutenable.